« La mairie et la préfecture se sont engagées sur le relogement [des expulsés de la rue Victor Hugo à Bagnolet] ». Jean-Baptiste Eyraud, président du DAL, semblait plutôt confiant à la sortie de la première table ronde réunissant la mairie de Bagnolet, la préfecture de Seine-Saint-Denis et les expulsés sur les possibilités de relogement de expulsés de la rue Victor Hugo.


Le 10 février dernier, en pleine vague de grand froid et sous la neige, la préfecture de seine-Saint-Denis procédait à l’expulsion d’une quarantaine de personnes d’un squat rue Victor Hugo à Bagnolet à la demande de la mairie, provoquant ainsi l’indignation de nombreuses associations et des riverains (Des squatteurs mis à la rue en plein hiver).

Depuis le climat semble s’être apaisé. Tous les expulsés sont maintenant hébergés dans un hôtel-résidence à Saint-Denis. Et ce au moins jusqu’à la fin mars et « la porte n’est pas fermée pour la prolongation des hébergements », selon le Jean-Baptiste Eyraud.

Auparavant, le 19 février, après plusieurs jours et nuits de tension où les expulsés dormaient sur le trottoir face à l’ancien squat gardés par la police, la mairie a prêté une annexe en préfabriqué d’une école maternelle de Bagnolet pour qu’ils puissent passer la nuit au chaud .

La prochaine table ronde est prévue le 9 mars prochain.

Les personnes expulsées, le 10 février, d’un squat à Bagnolet ont été temporairement relogées dans un local de la mairie, a-t-on appris aujourd’hui auprès de celle-ci et de l’association Droit au Logement (Dal).

Les expulsés ont passé leur première nuit, hier, dans ce local. Interrogée, la mairie a cependant précisé qu’il s’agissait d’une « mesure extrêmement temporaire », qui avait concerné une dizaine d’hommes. La mairie communiste avait fait l’objet de nombreuses critiques après cette expulsion.

Selon le Dal, il s’agissait de la première nuit « au chaud » pour les expulsés, au nombre de 41 dont 6 femmes et 6 enfants pour l’association. « Cette décision de la mairie traduit un signe d’apaisement. Nous attendons désormais que l’Etat mette en place des hébergements durables à proximité de Bagnolet », a déclaré l’association dans un communiqué.  Une table ronde aura lieu à la préfecture de Seine-Saint-Denis le 25 février avec le Dal, la mairie et les autorités préfectorales.

Source: AFP

La trêve hivernale ne concerne pas les squat. Ainsi le dit la loi. Mais en période de grand froid, la justification, avancée par la préfecture de Seine-Saint-Denis et la mairie de Bagnolet suite à l’évacuation d’un squat dans cette ville mercredi 10 février, ne passe guère auprès des associations, des riverains et des élus locaux. Le PCF dénonce : « des méthodes d’un autre âge. (…) en pleine trêve hivernale et dans une période de grand froid ». Et pourtant le maire de Bagnolet, Marc Everbecq est communiste.

Pour la mairie communiste, ce squat était « bien connu des services de police pour les risques qu’il générait en terme d’hygiène et de sécurité ». Il s’agissait d’un « lieu de trafic de drogue, de voitures, de prostitution, de tapage nocturne incessant qui durait depuis plusieurs années », affirme-t-elle dans un communiqué.

Mais quelque soit les justification avancée par la mairie, rien n’y fait: le moment et surtout les méthodes employées pour procéder à l’expulsion indignent.

Le squat aurait été évacué mercredi à l’aide de bulldozers, selon le Dal. La vingtaine d’habitants présents à ce moment n’auraient eu que 10 minutes pour récupérer leurs affaires, avant d’être mis manu-militari sur le trottoir et d’assister deux heures plus tard à la destruction des étages par un tract-au-pelle. La mairie nie, mais de fait depuis deux jours les habitants et leurs soutiens « dorment » dans la rue, face à une rangée de CRS.

« Procéder à cette expulsion sans avoir laissé aux familles le temps d’emporter leur affaires, détruire les documents qui sont la trace de toute une vie (et la possibilité de régulariser leur situation pour certains), laisser hommes, femmes et enfants dans la nuit et un froid intense, sans possibilité de relogement, au moins provisoire, est un acte de violence insupportable que rien ne peut justifier », s’insurge la LDH 93.

Jeudi soir, alors qu’un rassemblement se tenait à quelques mètres du squat, les élus socialistes, en campagne, sont venus aux nouvelles. Eux aussi disent ne pas comprendre la position de la mairie, d’autant plus que les squatteurs ont été de nouveau expulsés mercredi après-midi d’un gymnase où ils avaient trouvé refuge.

Selon les autorités, vingt personnes, uniquement des hommes, vivaient dans ce squat. Pour le porte-parole du Dal Jean-Baptiste Eyraud elles étaient une quarantaine, avec des enfants. La préfecture a proposé une solution d’hébergement d’urgence de trois jours, pour une vingtaine d’hommes qui l’ont refusé. « Ils sont une quarantaine », indique Jean-Baptiste Eyraud.

Depuis ce matin, des négociations ont débutés entre les représentants des squatteurs et le Dal d’un côté, et la préfecture de l’autre, mais Jean-Baptiste Eyraud reste pessimiste et s’attend à passer le week-end sur le trottoir.

Le projet socialiste d’aménagement de la ZAC des Batignolles rencontre des nombreux adversaires. Vendredi 4 décembre, la réunion publique a tourné à l’affrontement entre socialistes, écologistes et militants UMP . Le moins que l’on puisse dire, c’est que les tours et les pauvres n’y sont pas les bienvenus.

Cris, applaudissements, acclamations, injures, sifflets… Vendredi 4 décembre, porte de Clichy (Paris 17ème), l’ambiance est plus que tendue. Pourtant, le stade Léon Biancotto n’accueille pas des supporters de foot, mais 400 habitants du quartier, militants UMP, écologistes ou socialistes, chauffés à blanc. Ils sont venus assister à la « réunion publique de concertation » sur le futur aménagement de la ZAC des Batignolles, l’un des derniers grands chantiers urbains de Paris. Le match oppose d’un côté Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris en charge de l’urbanisme et Jean-Yves Mano, adjoint au maire de Paris chargé du logement – tous les deux socialistes- et de l’autre côté, Brigitte Kuster, maire UMP du 17ème arrondissement.

La ZAC des Batignolles, c’est un parc de 10 hectares, des bureaux, des logements (privés et sociaux), des équipements, des crèches, etc. Si, il y a quelque mois, la mairie de Paris et la mairie d’arrondissement avaient trouvé un relatif consensus sur l’aménagement de cette zone, tout a du être modifié en avril 2009 quand Nicolas Sarkozy a décidé d’implanter une cité judiciaire (le tribunal de grande instance, TGI, de Paris et la direction de la police judiciaire) de plus de 120.000 m2, en plein cœur du futur quartier.

L’exécutif parisien a donc voté, le 20 octobre dernier, un nouveau Plan local d’urbanisme: la tour du TGI pourra s’élever à 200 mètres, au lieu des 130 prévus initialement, au grand dam des écologistes, opposés à toute construction de tour dans la capitale. Ils relèvent que la consommation énergétique d’un immeuble de très grande hauteur est actuellement de 300 kilowattheures par mètre carré. Soit six fois plus que le plan climat de Paris et le plafond du Grenelle de l’environnement.

Deuxième point de discorde: la cité judiciaire prend la place d’une partie des logements prévus. L’exécutif parisien propose de densifier la zone en créant une dizaine d’immeubles d’habitation « pouvant aller jusqu’à 50 m de haut ». Sur les 3.500 logements initialement prévus, cette densification permet de conserver un programme de 3.130 logements, dont 55% de logements sociaux au lieu de 50. Et là, c’est l’UMP qui monte au créneau, au premier rang desquels la maire d’arrondissement, Brigitte Kuster, qui a lancé sur le site de la mairie du 17ème une pétition au tire très éloquent: « Stop au massacre des Batignolles ».

Alors vendredi soir, pour la réunion de concertation, les militants UMP sont venus faire la claque. A peine la présentation de la future cité judiciaire terminée, les hostilités sont lancées. Un jeune militant UMP, un brin ironique, se fend de vanter la « qualité environnementale » du futur TGI: « Puisque l’on va créer un ghetto avec 55% de logements sociaux, il y aura beaucoup moins de trajet entre le lieux de résidence des futurs délinquants et le futur palais de justice. On économisera de l’essence ».

Les applaudissements de la droite recouvrent les huées des quelques militants socialistes. Bien que Brigitte Kuster soutient ne pas être contre les logements sociaux, mais contre « la concentration de logements sociaux », pendant près de deux heures les attaques portent sur les « tours ghettos ».

Anne Hidalgo a beau rappelé que 72% des parisiens sont éligibles aux HLM, elle reste inaudible. La ville de Paris compte 15,8% de logement sociaux, dont plus de 50% répartis entre les 13, 19 et 20ème arrondissements. D’ici, 2020, la ville doit en compter 20% pour être en conformité avec l’article 55 de la loi SRU.

Les arguments des élus socialistes (l’arrondissement ne compte que 10,4% de logements sociaux et 6.000 personnes sont attentes d’un HLM dans le 17ème) sont balayés au cris de « baratin ». Excédé, Jean-Yves Mano rétorque: « Nous avons décidé de construire du logement social aux Batignolles et nous en ferons ».

Pour aller plus loin:

La présentation du projet (un peu datée) sur le site de la mairie de Paris

La répartition des logements sociaux à Paris par arrondissement (données de 2008): repartition_hlm_paris_2008

Des milliers de personnes se sont réunis, vendredi 27 novembre, place de la Bastille, pour exprimer leur soutien aux  mal-logés et aux associations. La 2ème “nuit solidaire pour le logement”, organisée par 32 associations (voir article), a réuni artistes, sans-abris, anonymes et quelques rares politiques autour d’animations et de concerts. La Fondation Abbé Pierre se félicite du “succès” de cette manifestation qui “a souligné l’adhésion du plus grand nombre à notre combat contre le mal-logement”.

REPORTAGE PHOTO

Ce vendredi 27 novembre, 31 associations organisent la seconde « nuit solidaire pour le logement », dans plusieurs villes de France. Le but : « dénoncer le manque de volonté politique  face à l’ampleur de la crise, exiger des mesures fortes et l’application du droit au logement pour tous ».

« Aujourd’hui 10 millions de personnes sont touchées par la crise du logement dont plus de 100 000 vivent à la rue ». C’est ce cri d’alarme que vont pousser, ce soir, 31 associations, dont la Fondation Abbé Pierre, Emmaüs, Les Enfants de Don Quichotte, la FNARS, le collectif Les morts de la rue ou encore l’Armée du Salut, d’une soirée de solidarité pour le logement.

Le chiffre de 10 millions recouvre 3,5 millions de personnes sans abri (SDF, migrants, jeunes en rupture) ou très mal logées (cabanes, caravanes, familles nombreuses en chambre d’hôtel, hébergement d’urgence) et 6,5 millions de personnes fragilisées (en instance d’expulsion, logeant chez des tiers, dans des copropriété insalubres…).

Dans leur communiqué de presse, les 31 associations dénoncent pêle-mêle la flambée des loyers, l’impossibilité de se loger dignement, l’insalubrité, le surpeuplement, l’augmentation des expulsions, la saturation des centres d’hébergements, la recrudescence du nombre de personnes contraintes de vivre à la rue.

Au cours de manifestations ponctuées de concerts, animations, rencontres et témoignages, le collectif compte bien rappeler au gouvernement et au chef de l’Etat –qui déclarait en décembre 2006 : « d’ici deux ans, plus personne ne sera obligé de dormir dehors et d’y mourir de froid »- leurs promesses et les engagements pris lors du vote de la loi sur le Droit au logement opposable (DALO) en 2007.

Le Collectif propose depuis des mois un panel de mesures urgentes : suspension des expulsions, éradication des 600.000 logements indignes, réquisition de bâtiments dans les communes réfractaires au Dalo, production annuelle de 150.000 logements sociaux, augmentation des aides au logement pour compenser les effets de la crise, etc.

A Paris la manifestation débutera à 18h place de la Bastille avec entre autres les concerts de Cali, Tcheky Kario et Pierre Souchon. Mais cette année, l’initiative a aussi essaimé à Marseille (manifestation cours Julien), Lille, Lyon (place des Terreaux), Toulouse, Strasbourg, Cahors (sur le perron de la mairie) et Tarbes (marche de la place Marcadieu à la place Verdun).

Pour en savoir plus : http://www.nuitsolidaire.fr/

Les vigiles de M. Dumesnil, homme d’affaire français, ne s’embarrassent pas de manières. Mercredi 6 mai, au siège de l’une des sociétés de leur patron, situé dans le 16ème arrondissement de Paris, à proximité des Champs Elysées, ils n’ont pas hésité à employer la force pour déloger la trentaine de manifestants, venu dénoncer l’utilisation de méthodes similaires pour expulser les locataires du château d’Alincourt (Oise), la dernière acquisition du millionnaire.

Arrivés sur les lieux, une trentaine de minutes après les manifestants, les vigiles les ont chassé en deux temps trois mouvements à l’aide de coups de poings dans le dos. Résultat: deux plaintes ont été déposé par le Dal pour blessures légères.

© Elsa Nathan

Après avoir été expulsés du hall de la société d’Alain Dumesnil,
les militants du Dal ont tenté d’être reçus
par l’homme d’affaires, sans succès.

Depuis le mois de février, la petite commune de Parnes dans l’Oise est le théâtre d’une étrange guérilla. La vingtaine de familles qui louaient des parcelles à prix modique à l’ancienne propriétaire des lieux, et le Dal dénoncent les moyens peu orthodoxes des vigiles pour les déloger: insultes, harcèlement, intimidations, cambriolages, destruction des chalets et mobile homes …

Jean-Baptiste Eyraut, président du Dal, rappelle qu’on ne peut expulser ainsi des locataires, même si leur droit ne tiennent qu’à l’usage: « toute expulsion nécessite l’intervention d’un juge. Les locataires ont des droits ! Ils habitent là depuis parfois 20 ans, ils ont des biens, ils doivent être protégés, indemnisés et réinstallés décemment  ».

Les occupants du camping d’Alincourt ont d’ailleurs assigné M. Dumesnil et sa société devant le tribunal de Beauvais le 11 mai.

Pour aller plus loin:

Le collectif de soutien aux habitants d’Alincourt

Le Dal

Le Courrier Picard: “Rendez-vous le 11 mai”

Vendredi 10 avril, au siège de l’association Droit devant !, c’est avec soulagement que les 88 intérimaires sans-papiers de Man BTP votent la fin de la grève. Il leur aura fallu 9 mois d’une lutte acharnée, ponctuée de manifestations, d’occupations de leur agence d’intérim située à proximité du boulevard magenta (Paris 10), puis des sièges des plus importants donneurs d’ordre du bâtiment (Vinci, Eiffage, Bouygues)   pour obtenir le précieux sésame : 74 cartes de séjour « salarié ».

Lorsque débute leur mouvement, le 3 juillet 2008, les intérimaires sont relégués aux oubliettes de la régularisation par le travail. Ils sont exclus de l’article 40 de la loi du 20 novembre 2007 et de la circulaire du 7 janvier 2008, qui prévoient les conditions de régularisation des travailleurs sans papiers sur demande de leur employeur. Il faut attendre le vendredi 12 décembre pour que le ministère transmette enfin les critères communs aux préfectures, y compris ceux des intérimaires.

En juillet 2008, au début du mouvement, 133 intérimaires occupaient l’agence d’intérim Man BTP, nuit et jour.
Un reportage d’Elsa Nathan

À partir de ce moment, s’amorce un long bras de fer avec la Préfecture. Ils sont 88 et ils n’arrêteront pas leur mouvement avant d’avoir été « tous régularisés ». Et l’acharnement paie : ils ont obtenu 23 promesses d’embauche en CDI chez Vinci, Eiffage et Rabot-Dutilleul, et 59 chez Man BTP en tant qu’intérimaire.

Au final, seuls 14 d’entre eux restent sur le carreau : « il ne justifie pas d’une assez longue durée de séjour sur le territoire », explique Jean-Claude Amara. « C’est malheureux pour eux, mais là où on est arrivé, c’est déjà bien », estime de son côté Christian Chedouba, de Solidaires.

Car comme l’explique Djibi, l’un des délégués du mouvement : « il est temps de retourner de travail. Ça va être dur physiquement, mais moralement, c’est nécessaire. » D’autant plus que les autorisations de séjour et de travail devront être renouvelées dans un an, et ce dans les mêmes conditions. C’est-à-dire avec un contrat de travail de minimum 12 mois.

Après neuf semaines de manifestations et de blocages de leurs universités, les étudiants ont décidé de passer à la vitesse supérieure. Mercredi 8 avril, ils ont dressé une première barricade rue des Ecoles à Paris (Vème arrondissement) : une tonne de sable, des chariots à roulettes, des poubelles et une sono.

© Elsa Nathan

Le geste est symbolique: « c‘est un avertissement pour Valérie Pécresse [ministre de l'Enseignement supérieur, NDLR], explique Simon du Collectif des travaux publiques universitaires. On lui promet de tenir jusqu’à Paris-Plage. »

Les protestataires exigent l’abrogation de la loi LRU sur l’autonomie des universités, le retrait des réformes du statut des enseignants-chercheurs et de la formation des maîtres.

Malgré la grève des enseignants-chercheurs et les manifestations, Nicolas Sarkozy a répété, mardi 7 avril lors d’un déplacement à Venelles (Bouches-du-Rhône), qu’il ne compte pas revenir sur la loi LRU: “Je veux dire au monde universitaire que leur donner l’autonomie, c’est leur faire confiance. C’est un choix sur lequel je ne reviendrai jamais.”

En montant une barricade aux abords du quartier latin, les étudiants ont voulu montrer qu’ils étaient tout aussi déterminés à tenir que le président, et ce malgré l’imminence des examens du second semestre.

Après le démontage de la barricade par les forces de l’ordre, les étudiants ont rejoins la manifestation nationale place Denfert-Rochereau. D’autres mobilisations sont prévues dans les jours à venir.

Pour aller plus loin:

Le texte de la loi LRU sur Legifrance

Le blog des “Universités et universitaires en lutte”

Le démontage du campement de la rue de la Banque à Paris qui acceuillait 210 familles mal-logées annoncent peut-être la fin du squat ouvert par le Dal et Jeudi noir fin 2006. En effet, l’OPHLM de Paris a racheté l’immeuble avec l’intention d’y construire des logements sociaux.

Le ministère de la Crise du logement vit-il ses dernières heures? La ville de Paris et le gouvernement vont-ils enfin réussir à se débarasser de ce squat situé rue dela Banque à Paris (IIème), à deux pas de la Bourse, ouvert sous les projecteurs des médias par les associations Droit au logement (DAL) et Jeudi noir en octobre 2006 pour mettre en lumière la question du mal-logement?

A en croire les réactions des associations de mal-logés à la politique menée par la ministre du Logement, Chrisitne Boutin, ce n’est pas pour tout de suite.

Pourtant, les 210 familles qui campaient au pied de l’immeuble depuis le 14 décembre 2008  ont levé le camp mercredi 25 mars au soir, suite à un accord signé entre  la délégation du Dal et du Comité des sans-logis et le directeur de cabinet de Christine Boutin.

Depuis la réinstallation du campement décembre 2008, les familles et leurs soutiens se réunissaient tous les dimanches en bas de l’immeuble pour manifester leur mécontentement. Photos: Elsa Nathan (c)

Onze ménages sans-abris se sont vu proposé un hébergement en hôtel. Les quelque 200 autres familles n’ont pas à proprement parler de “vrais logements” mais bénéficient tout même d’hébergements dans des taudis ou chez des marchands de sommeil dans des conditions très précaires.

L’accord prévoit que le ministère du logement proposera un relogement à toutes familles sur la base d’un échéancier de 15 à 30 propositions par mois. “D’ici début 2010, toutes les familles devraient être relogées“, estime Jean-Baptiste Eyraud, président du Dal.

La fin de la rue de la Banque? Peut-être. Puisque Paris Habitat, l’organisme HLM de la ville de Paris, a racheté l’immeuble qui abrite le siège social du DAL. L’organisme voudrait y construire 21 logements sociaux.

On partira quand la ville de Paris relogera le Dal, explique Jean-Baptiste Eyraud. Nous avons passé un accord avec Delanoë [le maire de Paris] en 2008]”.

Mais pour l’instant l’association a refusé toutes les propositions, sous prétexte que les loyers sont trop élevés: “On ne veut pas payer un loyer au prix du marché avec l’aide des subventions de la ville. Dans nos statuts, on précise bien que l’association est indépendante de toute institution,” insiste le président du Dal.

Sur le même sujet:

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.