Bagnolet: des squatteurs mis à la rue, en plein hiver
12/02/2010
La trêve hivernale ne concerne pas les squat. Ainsi le dit la loi. Mais en période de grand froid, la justification, avancée par la préfecture de Seine-Saint-Denis et la mairie de Bagnolet suite à l’évacuation d’un squat dans cette ville mercredi 10 février, ne passe guère auprès des associations, des riverains et des élus locaux. Le PCF dénonce : « des méthodes d’un autre âge. (…) en pleine trêve hivernale et dans une période de grand froid ». Et pourtant le maire de Bagnolet, Marc Everbecq est communiste.
Pour la mairie communiste, ce squat était « bien connu des services de police pour les risques qu’il générait en terme d’hygiène et de sécurité ». Il s’agissait d’un « lieu de trafic de drogue, de voitures, de prostitution, de tapage nocturne incessant qui durait depuis plusieurs années », affirme-t-elle dans un communiqué.
Mais quelque soit les justification avancée par la mairie, rien n’y fait: le moment et surtout les méthodes employées pour procéder à l’expulsion indignent.
Le squat aurait été évacué mercredi à l’aide de bulldozers, selon le Dal. La vingtaine d’habitants présents à ce moment n’auraient eu que 10 minutes pour récupérer leurs affaires, avant d’être mis manu-militari sur le trottoir et d’assister deux heures plus tard à la destruction des étages par un tract-au-pelle. La mairie nie, mais de fait depuis deux jours les habitants et leurs soutiens « dorment » dans la rue, face à une rangée de CRS.
« Procéder à cette expulsion sans avoir laissé aux familles le temps d’emporter leur affaires, détruire les documents qui sont la trace de toute une vie (et la possibilité de régulariser leur situation pour certains), laisser hommes, femmes et enfants dans la nuit et un froid intense, sans possibilité de relogement, au moins provisoire, est un acte de violence insupportable que rien ne peut justifier », s’insurge la LDH 93.
Jeudi soir, alors qu’un rassemblement se tenait à quelques mètres du squat, les élus socialistes, en campagne, sont venus aux nouvelles. Eux aussi disent ne pas comprendre la position de la mairie, d’autant plus que les squatteurs ont été de nouveau expulsés mercredi après-midi d’un gymnase où ils avaient trouvé refuge.
Selon les autorités, vingt personnes, uniquement des hommes, vivaient dans ce squat. Pour le porte-parole du Dal Jean-Baptiste Eyraud elles étaient une quarantaine, avec des enfants. La préfecture a proposé une solution d’hébergement d’urgence de trois jours, pour une vingtaine d’hommes qui l’ont refusé. « Ils sont une quarantaine », indique Jean-Baptiste Eyraud.
Depuis ce matin, des négociations ont débutés entre les représentants des squatteurs et le Dal d’un côté, et la préfecture de l’autre, mais Jean-Baptiste Eyraud reste pessimiste et s’attend à passer le week-end sur le trottoir.
26/02/2010 at 10:54
[...] Le 10 février dernier, en pleine vague de grand froid et sous la neige, la préfecture de seine-Saint-Denis procédait à l’expulsion d’une quarantaine de personnes d’un squat rue Victor Hugo à Bagnolet à la demande de la mairie, provoquant ainsi l’indignation de nombreuses associations et des riverains (Des squatteurs mis à la rue en plein hiver). [...]